Histoire du village de Mâchelles.

Cette rubrique est tirée du dictionnaire historique du Maine et Loire de Célestin PORT édition de 1876.

Les premières traces du nom de mâchelles datent de 1069 "maschella". Agglomération placée sur le bord du Layon, le long du grand chemin d'Angers, et qui paraît avoir de tout temps été animée d'une vie relativement plus importante que le bourg principal, faveraye. Un fief, avec manoir noble relevant de Vihiers, appartenait pour un tiers au milieu du XVIème siècle à Jeanne de Villeneuve, femme de Franç. Rigauld, pour les 2/3 à sa soeur Margueritte, femme de rené du Plouer; un tiers par indivis fut acquis le 15 juin 1778 de la dame Parant par le marquis de Choiseul.

Y résidaient dès la fin du XVIIème siècle de nombreux ouvriers et tout au moins deux notaires.

L'arrêté même du District de Vihiers du 2 aoùt 1791, qui fixait la délimitation des paroisses, crut dès lors utile de statuer que l'église y serait un jour construite, comme au point le plus central. Cette prévision s'est réalisée, après plus d'un demi-siècle et une longue et irritante lutte d'intérêts locaux, qui a dépossédé l'antique bourg et concentré à Mâchelles l'église, où le culte fut transféré par ordonnance épiscopale du 6 mars 1851. On y a trouvé dans les fondations de l'aile nord-est une tombe creusée dans le roc. Le service y fut établi officiellement le 13 novembre suivant, mais la translation du mobilier religieux ne s'y fit pas sans une véritable émeute, et le lendemain, pour la célébration de la première inhumation, la gendarmerie même dut intervenir contre les femmes exaspérées de Faveraye. En avril 1852, une tentative fut faite vainement par une partie des habitants du bourg dépossédé (Faveraye) pour se rattacher à la commune de Thouarcé.

Au sud-ouest du bourg, a été reconstruite en 1864, une chapelle de Notre Dame de Pitié, réédifiée déjà en 1688 par le curé Jacq. Boisgontier, comme l'indiquait une inscription. Tout auprès, jusqu'à ces derniers temps (écrit en 1876), un ermitage était habité par un vieillard de 94 ans. En activité (toujours en 1876) fontionnent trois fours à chaux, dont deux ouverts en 1834, le troisième en 1845. L'école de garcons, qui existait depuis au moin 1840 à Mâchelles, y a été reconstruite en 1873 avec une mairie, jusqu'alors absente. La contruction d'un presbytère, y était terminée dès le mois d'aout 1854, l'ancienne cure de Faveraye ayant été aliénée le 16 aout 1852 pour y aider. On a cru pouvoir conserver, par mesure de conciliation et pour quelques années encore, les deux cimetières auprès de la nouvelle et de l'ancienne église. Cette dernière sous le vocable de saint Pierre-ès-liens, est un des édifices les plus anciens du pays d'alentour.

L'histoire de Faveraye est plus ancienne. La villa Fabrensis date du VIème siècle. Le pays parait avoir été le centre d'une agglomération antique. On y a découvert en 1847, dans le bois de l'Assay, des bracelets celtiques en bronze, avec un coin du même métal; au coteau Gaudy, entre les moulins à eau du Pont-Bourceau et de Noizé, sur la droite du chemin du pont de Faveraye à Machelles, dans une vigne, de nombreux débris de tuiles à rebords, de briques à crochets, de poteries rouges; entre Chandoiseau et l'Arbalètier, sur le plteau, des cerceuils en pierre coquillière.

La villa antique, comprise jusqu'au XIème siècle dans le territoire de Vihiers, est au VIème un des domaines du roi d'Austrasie, Théodebald, qui le legua à l'abbaye de saint maur, fondée par son père. L'existence de l'église y est constatée dès au moins le milieu du XIème siècle, et l'eveque de Poitiers en confirme la propriété à l'abbaye en 1105. Elle contenait au XVIème Siècle les tombes des familles de Vert, de Meaussé, de la Tigeoire et d'Aubigné.Les droits de fondateur y appartenaient au baron du Coral, qui les céda le 18 décembre 1628 au seigneur de la Touche. A la fin du XVIIIème Siècle ils restaient contestés entre le comte de Cossé et le seigneur des Marchais.

La paroisse, à la présentation de l'abbé de saint maur, dépendait du diocèse de Poitiers jusqu'en 1317, de Maillezais jusqu'en 1648, puis de le Rochelle jusqu'à la révolution, du Doyen et du grenier à sel de Vihiers, de l'election et du district de Montreuil-Bellay en 1788, du district de Vihiers en 1790. Elle comptait en 1788 quarante ménages pauvres, plus des mendiants. Il y était percu 6000 livres de rentes écclésiastiques. Elle était devenue dès 1791 le rendez vous des pretres réfractaires d'alentour qui y menaient leurs processions à l'église. Le passage de la guerre mit le feu à tour de role dans le pays.

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